18 avril 2015

J'avais 13 ans.

 

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Je n'avais jamais raconté ça à personne, mais ça faisait pas mal de temps que je voulais en parler sur le blog. Ce matin j'ai envoyé mon témoignage à un site qui en récoltait et je me suis dit qu'il était temps de dessiner l'histoire. 

Plus de 6 ans après qu'il m'ait touchée pour la dernière fois, je regrette beaucoup de n'en avoir parlé à personne. Je regrette de ne rien avoir dit et qu'il n'ait pas été puni. Il fait sans doute la même chose à d'autres filles, c'est pas possible qu'il n'y ait que moi qui ai dû subir ses attouchements... Je regrette de ne pas en avoir tout de suite parlé à ma mère, cette fois où elle était tout près de moi, qu'il est passé, qu'il m'a touché, et qu'elle n'ait rien vu. J'avais honte de le dire, déjà rien que de dire "sexe", je rougissais de honte à l'époque. Alors admettre qu'un homme me touchait régulièrement, comme ça, dans la rue ? C'était beaucoup pour moi. 

Je l'ai souvent revu par la suite. Il m'a appris à toujours faire gaffe à ce qui m'entourait, du coup, dès que je le voyais au loin, je changeais de trottoir. Mais je le voyais assis au Macdo, marchant sur l'autre trottoir, je le haïssais. J'ai quitté Tahiti pendant deux ans, et à mon retour à Tahiti pour les vacances, je l'ai croisé. Je n'avais pas fait attention et on s'est croisé. Il ne m'a pas regardé, je ne sais pas s'il m'a reconnu. Peut être qu'il n'a jamais vraiment enregistré mon visage, que j'étais pour lui une de ces nombreuses filles qu'il touchait sans vraiment se rappeler à quoi elles ressemblaient. 

Maintenant j'ai envie de le dire, de le crier partout, que vous, les filles à Tahiti, vous puissiez le reconnaître. Peut être même que vous êtes l'une de ses victimes, dans ce cas, il ne faut pas avoir peur, ou honte, il faut en parler à votre famille, à vos amis. Il a donc maintenant entre 30 et 40 ans. Il est très grand, je dirais entre 1m80 et 1m95, il a une peau très bronzée, des yeux bleux perçants, les cheveux blonds (peut être teints ??), je l'ai toujours connu avec une barbe de quelques jours. Il était toujours fringué avec des marques de surf, toujours en savates. Je le voyais toujours dans le centre de la ville, près du Macdo, du centre Vaima et du marché. 

J'ai tellement envie de le revoir, de le frapper, de lui faire mal ! J'étais remplie d'une rage et d'un mal-être pendant toute la journée après l'avoir croisé. Je ne savais pas quoi faire, je me posais mille questions, je n'osais pas en parler. Je me sentais mal et salie. Plusieurs fois je n'arrivais plus à respirer après l'avoir croisé. Souvent des larmes me sont montées aux yeux et aux questions de mes amis, je répondais que j'avais des poussières dans les yeux. J'avais le sentiment d'être complètement impuissante face à lui. Et cette dernière fois où il m'a traité de salope car non, pour une fois, j'avais refusé qu'il me touche, j'ai tremblé de rage. 

Comment on peut être malade au point de toucher une jeune fille dans la rue, comme ça, l'air de rien ? 

Et comment des gens, des potes, des amis, peuvent être cons au point de me dire que c'est moi qui cherche les cas sociaux ?  Je fais pourtant attention à m'entourer de personnes qui sont intelligentes et qui savent réfléchir. Comment des mecs, que je pensais censés, peuvent me dire que c'est de ma faute, quand à 13 ans, je n'avais jamais demandé à quiconque qu'on me touche ainsi ? 

C'est la même chose maintenant. Je ne demande pas à être sifflée dans la rue. A être draguée d'une manière lourde. A devoir remercier quelqu'un parce qu'il m'a dit que je suis jolie, et que si je ne le fais pas, je serais insultée de la manière la plus dégradante possible. Ce n'est pas à moi de toujours faire attention à l'heure qu'il est, aux habits que je porte, à la quantité d'alcool que je bois, à si je rentre seule ou avec des amis. 

Ce n'est pas normal. 

 

02 juin 2014

#Harcèlement

Ceci est le #400è message sur le blog \o/ 

 

Cela fait longtemps que je n'ai pas parlé de ce sujet chaud bouillant, alors aujourd'hui, j'y vais de ma petite expérience. 

Les femmes espagnoles ont de la chance, je n'ai pas l'impression qu'elles souffrent énormément du harcèlement sexuel/dans la rue/tout court, comparé aux femmes françaises. C'est comme une pause ici en fait. En France, c'était quotidiennement que je me prenais des commentaires. Dès que je sortais, que ce soit en jogging-gros pull, en jean-débardeur ou en robe, je me prenais automatiquement un commentaire sur mon physique et/ou ma tenue. Mais ici, à part une remarque un soir, je n'ai jamais rien subi. Parallèlement, je continue de lire les blogs et les articles, tout ce qui touche au harcèlement et à la cause féministe qui gonfle, tous ces commentaires et témoignages qui rendent compte de la colère des femmes qui gonfle peu à peu. C'est bien, car petit à petit, à force d'informer, les gens se rendent compte qu'il y a un problème. Il y a bien sûr toujours quelques personnes pour dire "cela n'arrive qu'à toi", "tu es un cas isolé", "tu dois faire quelque chose pour que cela t'arrive", "j'ai demandé à ma soeur/cousine/amie/copine et elle n'a jamais eu de remarque, donc ça doit être toi", mais globalement, j'ai l'impression qu'on avance. 

Un article de Diglee, un autre de Nepsie et une vidéo de Laci Green pour accompagner le post. 

A moi : 

 

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Et je ne le reverrais pas avant l'année prochaine, si je suis acceptée dans le même établissement. Il va de soit que s'il recommence, cette fois-ci je mettrais de suite le hola (enfin, j'espère que j'y arriverais). J'ai passé la seconde partie de l'année à me répéter "Il ne reste plus que deux mois.... Plus qu'un mois... Plus que deux semaines... Plus que quelques jours...", et je ne veux pas recommencer dès octobre avec "Courage, il te reste huit mois". 

17 mars 2014

Petit sketch nocturne en revenant du sport

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J'arrête tout de suite les trolls : non, il ne m'a pas insulté (ceci dit je n'en sais rien, je me suis éloignée en augmentant le son de ma musique) mais oui, c'est quand même du harcèlement. Est ce que j'ai demandé à ce qu'un mec que je ne connais pas vienne me demander de faire un tour dans sa voiture à 23h ? 

C'est le moment de raconter une autre de mes anecdotes semblables, qui nous vient cette fois-ci du Maroc, de Casablanca plus précisemment. Le Maroc, doux pays du harcèlement de rue continu et où la condition de la femme est misérable. Donc je sortais de la gare, j'attendais sur un banc que mon père vienne me chercher (mon père habite au Maroc depuis environ 14 ans), il était environ 22h. J'avoue, c'était pas l'idée du siècle d'être plantée devant une gare à 22h au Maroc, mais c'était l'heure d'arrivée de mon train, donc voilà. Le banc était pile devant la route. Je mets mon casque sur les oreilles, j'attends. Mon père a mis environ 30 minutes pour arriver, et entretemps, 4 taxis se sont arrêtés devant moi, à la suite (genre le suivant avait bien vu que j'avais refusé le précédent), pour savoir si je voulais un taxi. Et moi, je comprenais pas la logique de ces mecs, si je voulais un taxi, je serais allée à la ligne de taxis qui attendaient devant la gare, je n'aurais pas attendu devant la route pour voir si à tout hasard un taxi allait passer. Enfin soit. Puis là arrive ces deux mecs en voiture. Ils se mettent dans le sens inverse à la route, donc de l'autre côté de la route, pile devant moi. Et me font des signes. Je tourne la tête. Appels de phare, klaxons, le chauffeur prend le volant pour faire le tour et venir se placer à ma hauteur, et de nouveau, appels de voix, de phares, klaxons. Je check ma montre, ça fait 20 minutes que le manège dure. Je prie pour que mon père arrive vite. Les mecs ne comprennent pas. Je finis par lever mon casque pour leur lancer "Si je ne réagis pas, ça veut dire NON". Evidemment, ils enchaînent aussitôt avec des insultes, chienne, salope, connasse, grosse, moche, doigts d'honneur, etc. Et moi j'ai envie de dire "Pourquoi vous avez passé 20 minutes à me harceler si au final vous me trouvez grosse et moche ?" mais c'est le genre de mec avec qui on ne peut pas raisonner, donc je me laisse aller, à Tahiti j'ai été habituée à toujours me défendre, à toujours répondre quand je me fais insulter. Du coup, j'ose gueuler un "Ta gueule, connard !". Le mec descend de la voiture, je cours jusqu'à l'intérieur de la gare, il ne me suit pas. 

J'ai eu peur de me faire agresser.

Car j'ai osé insulter un mec.

Qui m'insultait lui même de manière odieuse.

Simplement car je ne voulais pas monter dans sa voiture. 

Mon arrivée au Maroc était géniale du coup. 

Je déteste aller au Maroc. Si ma famille n'y habitait pas, je n'y serais sincèrement jamais allée. C'est même pas un pays qui me donnait envie à visiter avant que j'y aille la première fois. Mais j'aime ma famille, je veux les voir, il faut donc que j'y aille. Et je déteste y aller. 

26 février 2014

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Le dernier article a été supprimé  à la demande du gars. 

 

 

Passons à autre chose : 

 

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Ce qui m'étonne entre la France et l'Espagne, c'est les différences concernant le harcèlement dans la rue ! Vous savez tous que je suis un peu touchy à ce sujet, et en France, j'avais beau m'habiller pour ressembler à un ballon de football, je me faisais toujours draguer d'une manière assez insultante dans la rue. J'avoue que le bonnet de chat ne m'a pas aidé, mais j'ai quand même le droit de mettre un bonnet de chat si ça me chante, non ? Bref, en Espagne, c'est pas du tout la même chose ! Ou alors c'est parce que j'habite dans une ville plutôt safe ? Je sais pas, faudra que mes collègues auxiliaires placées dans d'autres villes me disent comment ça se passe pour elles. 

Je me souviens de ma première année dans cette ville, Albacete. C'était la première fois que je vivais dans un pays européen et les amis adultes que j'avais cette année là me disaient souvent de faire gaffe quand je rentrais chez moi, tard le soir, après une soirée. Et je me souviens encore, moi courant de la boîte de nuit jusqu'à chez moi, une petite trotte de 10 minutes, entre 3 et 6h du mat. Je ne mettais jamais de robe ou de jupe pour sortir et je prenais toujours un bonnet pour cacher mes longs cheveux, je pensais toujours au retour que je ferais peut être seule si j'étais fatiguée avant les autres. 

Qu'est ce que ça a changé depuis ! C'est ma deuxième année ici, et entre temps, j'ai vécu un an à Toulouse dans un quartier plutôt chaud et un an à Roubaix, près d'une gare, où je me faisais insulter/draguer (comment ça c'est pas la même chose ?) quotidiennement. Ici, c'est tellement calme le soir ! J'ai beau mettre shorty ou robe courte, je me fais jamais emmerder dans la rue. Bon, il faut dire aussi que je ne suis pas totalement dévêtue : à 0/5 degrés, je porte encore mon trio de collants, pas comme les Madriléniennes qui ne portent absolument rien d'autre sur leurs gambettes que leur mini short !

En bref, ici je ne me fais jamais emmerder dans la rue, et j'apprécie beaucoup ce changement, cette paix.

 

 

Et du coup, j'en viens à me demander : le harcèlement de rue, on en parle énormément depuis quelques années en France et en Belgique. Surtout récemment, depuis le reportage de Sofie Peeters (clic clic).  Et je me demande, qu'en est il du harcèlement de rue dans les autres pays de l'Europe, dans les autres pays du monde ? 

 

Un blog bien sympa que je ne me lasse pas de faire relayer, tellement il est bien fait. Il raconte. 

Posté par Albalicia à 16:41 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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02 mai 2013

Harcelée de toute part !

 

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Qu'on réponde Oui ou Non, on est toujours cataloguée de pute, de salope, de mal-baisée, de coincée... 

Posté par Albalicia à 09:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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